Reprendre une activité physique après un cancer pose souvent plus de questions qu’il n’apporte de réponses : comment commencer, quelle intensité choisir et quand demander un avis médical. L’actualité scientifique récente sur l’activité physique après un cancer montre des tendances utiles pour s’orienter sans pour autant remplacer une consultation personnalisée.
Que révèle l’étude portant sur 2,7 millions d’adultes ?
Des chercheurs ont analysé des données d’enquêtes nationales recueillies entre 2018 et 2024, en comparant plus de 2,7 millions d’adultes américains avec et sans antécédent de cancer. Les participants indiquaient s’ils avaient pratiqué une activité physique au cours du mois précédent, et des jeux de données détaillés de 2019 et 2023 ont été utilisés pour estimer le respect de la recommandation nationale d’au moins 150 minutes d’activité aérobie modérée par semaine.
Le résultat le plus marquant n’était pas une différence d’intensité chez les personnes actives, mais une différence d’engagement : près de 30 % des personnes ayant un historique de cancer ont déclaré n’avoir fait aucune activité physique le mois précédent, contre environ 24 % des personnes sans antécédent. Parmi celles qui se disaient actives, la proportion respectant la recommandation hebdomadaire était proche entre les deux groupes, passant d’environ la moitié en 2019 à environ 60 % en 2023. On observe également une augmentation significative de la part des survivants déclarant pratiquer une activité au fil du temps, avec des variations selon le type de cancer.
Le vrai obstacle est souvent l’absence d’activité plutôt que l’intensité
Les données suggèrent que pour beaucoup de survivants, le défi initial est de retrouver une routine d’activité régulière. La fatigue persistante, des modifications du mode de vie liées aux traitements ou l’incertitude sur ce qui est sûr pour le corps peuvent freiner la reprise.

Autre nuance importante, les différences selon les types de cancer : certaines populations, comme celles ayant un antécédent de cancer du côlon, ont montré des gains d’activité au cours de la période étudiée, tandis que d’autres groupes, notamment les personnes ayant eu un cancer du sein ou de la prostate, n’ont pas présenté d’augmentation similaire.
Comment reprendre le mouvement progressivement ?
Commencer modestement est souvent la stratégie la plus réaliste et la plus durable. Voici quelques approches pratiques et prudentes pour amorcer la reprise d’activité physique :

- Commencer par de courtes sessions : une marche brève, des étirements doux ou du jardinage peuvent suffire pour amorcer un rythme régulier.
- Adapter selon votre état : en cas de fatigue, douleurs ou faiblesse, modifiez l’intensité et la durée plutôt que d’insister.
- Chercher un accompagnement spécialisé : un professionnel formé à l’activité physique pour survivants du cancer peut aider à établir un plan sûr et progressif.
- Laisser l’objectif évoluer : l’objectif des 150 minutes par semaine peut être atteint progressivement ; chaque pas régulier compte.
Quelles limites faut-il garder en tête concernant ces résultats ?
Il s’agit d’analyses basées sur des enquêtes déclaratives, ce qui implique des limites de précision et d’interprétation. Ces observations décrivent des associations et des tendances dans la population, sans établir de lien de cause à effet entre le fait d’avoir eu un cancer et le niveau d’activité.
De plus, les motifs derrière l’inactivité ne sont pas détaillés par l’étude : ils peuvent inclure des facteurs médicaux, psychologiques, sociaux ou logistiques. Pour ces raisons, il est utile de considérer ces résultats comme un éclairage général plutôt que comme des règles individuelles.
Où trouver de l’aide pour reprendre une activité adaptée ?
Si la reprise vous semble difficile, évoquez le sujet avec votre équipe soignante. Selon votre situation, un physiothérapeute, un kinésithérapeute ou un coach formé en oncologie peut proposer des exercices adaptés et progresser en toute sécurité.
Plusieurs structures proposent aujourd’hui des programmes d’activité physique destinés aux survivants du cancer ; n’hésitez pas à demander des informations locales via votre centre de soins ou des associations spécialisées.
Disclaimer : cet article a un but informatif et ne remplace pas les conseils d’un professionnel de santé.
FAQ
Quels types d’activités comptent comme activité physique après un cancer ?
Des activités quotidiennes modérées comme la marche, le jardinage, ou des étirements peuvent être considérées comme activité physique. L’important est la régularité et l’adaptation à votre niveau d’énergie.
Faut-il viser les 150 minutes par semaine dès la reprise ?
Non, il est généralement préférable de progresser graduellement selon vos capacités et votre récupération. Atteindre 150 minutes peut être un objectif à moyen terme, pas nécessairement à court terme.
Que faire si je suis encore très fatigué après le traitement ?
Adaptez la durée et l’intensité des activités et consultez votre équipe médicale pour évaluer les causes possibles de la fatigue. Des sessions courtes et fréquentes peuvent être plus adaptées qu’un effort long et intense.
Les survivants du cancer font-ils autant d’exercice que les autres personnes ?
Les données montrent qu’un plus grand pourcentage de survivants déclarent ne pas être actifs du tout, mais parmi ceux qui sont actifs, le respect des recommandations hebdomadaires est similar. Cela indique que le principal défi est souvent de démarrer une activité régulière.
Existe-t-il des programmes d’exercice spécifiquement pour les survivants du cancer ?
Oui, il existe des programmes et des professionnels spécialisés qui travaillent avec les personnes ayant un antécédent de cancer. Votre centre de soins ou des associations locales peuvent vous orienter vers des ressources adaptées.

Passionnée de santé et de bien-être, Florence Lebrun est une rédactrice chevronnée qui aime partager des astuces pratiques et des conseils pour une vie plus saine.