Accueil Conso Quelle est la meilleure position pour aller à la selle et éviter la constipation ?

Quelle est la meilleure position pour aller à la selle et éviter la constipation ?

Par Marc Dufour

La recherche de la meilleure position pour déféquer revient souvent dans les conversations de santé intime, mais l’enjeu ne se limite pas au confort : il concerne le fonctionnement du muscle puborectal, l’angle anorectal et les conséquences sur la fréquence et la facilité des selles.

Pourquoi la posture influence vraiment la vidange rectale

Le canal anal n’est pas une simple « sortie ». Il est maintenu en partie fermé par une boucle musculaire, le puborectal, qui forme l’« anorectal angle ». En se mettant en position assise droite sur une cuvette classique, cet angle se ferme presque à 90°, ce qui aide à retenir les selles mais complique la sortie. À l’inverse, une position qui ouvre l’angle facilite le passage des matières sans effort excessif. C’est cette mécanique anatomique que cherchent à exploiter les dispositifs et conseils posturaux.

Assis, relevé, accroupi : quels effets et quelles limites ?

Trois postures sont régulièrement discutées. L’assise classique est la plus répandue en Occident et offre stabilité et confort mais peut augmenter l’effort lors de la poussée. L’accroupissement complet, typique de nombreuses cultures, ouvre le canal et réduit le besoin de forcer, mais n’est pas toujours praticable pour des personnes âgées ou qui ont des problèmes de genou. Entre les deux, des solutions intermédiaires existent et cherchent à combiner ouverture de l’angle et confort.

La méthode « penché en avant » peut-elle remplacer l’accroupissement complet ?

Incliner le buste vers l’avant en appuyant les coudes sur les genoux change l’alignement du rectum de manière significative. Des études en cinedéfecographie ont montré que cette position peut augmenter l’angle anorectal au-delà de ce qu’offre un simple repose-pieds, parfois jusqu’à plus de 130°, améliorant l’efficacité de la poussée. Pour certains patients, pencher le buste est plus tolérable que d’élever fortement les pieds.

Quels accessoires fonctionnent et quels inconvénients attendre ?

Les tabourets élévateurs pour pieds visent à reproduire l’accroupissement en surélevant les genoux. Leur hauteur varie et influence l’ouverture de l’angle. Les utilisateurs rapportent souvent une sensation d’évacuation plus complète et moins d’effort, mais l’adaptation peut être inconfortable au début. Un ajustement progressif est fréquent en pratique clinique car une élévation trop rapide provoque tensions et crampes.

Comment adapter sa posture sans douleur ni excès ?

Pour expérimenter une position plus efficace sans brusquer le corps, privilégiez une progression douce. Commencez par surélever légèrement les pieds ou pencher le buste 15 à 20 degrés. Si cela vous convient, augmentez progressivement l’inclinaison. Durant l’effort, respirez calmement sans retenir l’air et évitez la manœuvre de Valsalva qui augmente la pression intrathoracique et cardiaque. Si vous ressentez des douleurs aux genoux, au dos ou un inconfort marqué, revenez à une position antérieure et consultez un professionnel.

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Quand la position ne suffit pas : alimentation et santé du plancher pelvien

Changer de posture aide souvent, mais il ne faut pas négliger l’apport en fibres, l’hydratation et l’activité physique qui modulent la consistance des selles. De plus, des troubles comme la dyschésie due à une dyssynergie du plancher pelvien, des rectocèles ou une constipation chronique nécessitent une prise en charge spécialisée. En pratique, beaucoup de patients constatent une nette amélioration en combinant ajustements posturaux et recommandations diététiques.

Conseils pratiques pour la vie quotidienne et pour prendre soin d’une personne dépendante

Voici quelques gestes utiles, faciles à tester chez soi ou auprès d’un proche :

  • Essayez d’incliner le buste plutôt que de pousser plus fort.
  • Utilisez un petit repose-pieds ajustable et augmentez la hauteur progressivement.
  • Respirez régulièrement pendant l’effort et évitez de retenir votre souffle.
  • Pour une personne alitée, relevez le dossier et soutenez les genoux pour diminuer la pression lors de la défécation.

Attention aux erreurs fréquentes observées en consultation : rester trop longtemps sur la cuvette à lire sur son téléphone, forcer après avoir attendu trop longtemps ou adopter une surélévation trop brutale. Ces comportements tendent à aggraver les hémorroïdes, les fissures anales et le ballonnement.

Quand consulter un spécialiste ?

Si malgré des changements de posture et d’alimentation la constipation persiste, si vous avez des douleurs intenses, du sang dans les selles ou un changement important du transit, consultez un médecin. Le proctologue ou un kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale peuvent proposer des bilans (manométrie, cinedéfecographie) et des exercices adaptés, et expliquer pourquoi une position qui aide une personne peut ne pas convenir à une autre.

FAQ

Quelle position est la plus recommandée pour les personnes constipées ?

Il n’existe pas de solution universelle mais incliner le buste vers l’avant ou surélever légèrement les pieds pour rapprocher les genoux des hanches permet souvent d’ouvrir l’angle anorectal et de réduire l’effort nécessaire.

Un tabouret type Squatty Potty est-il indispensable ?

Ce type d’accessoire peut aider, surtout si vous avez des selles dures ou que vous avez du mal à pousser. Toutefois, il n’est pas indispensable ; des ajustements simples comme se pencher en avant ou utiliser un repose-pieds bas peuvent suffire.

Peut-on abîmer son plancher pelvien en changeant de position pour déféquer ?

Mal exécutés, certains changements de posture ou efforts répétés peuvent aggraver une dysfonction périnéale. Il est recommandé de procéder progressivement et de consulter un professionnel en cas de doute ou de douleur.

Que faire pour un patient alité qui a des difficultés à déféquer ?

Si possible, asseyez la personne ou relevez le dossier du lit, soutenez les genoux et évitez la position allongée complète. L’hydratation, l’apport en fibres et, si nécessaire, l’intervention d’un soignant pour des mesures adaptées sont importants.

La position évite-t-elle les hémorroïdes ?

Une posture facilitant une évacuation sans effort réduit le risque d’aggravation des hémorroïdes, mais d’autres facteurs comme la constipation chronique, la grossesse ou la génétique jouent un rôle majeur.

Combien de temps faut-il pour s’habituer à une nouvelle position ?

Cela varie selon l’âge et la condition physique ; pour la plupart des adultes, une adaptation progressive sur quelques jours à quelques semaines est suffisante, en augmentant progressivement l’inclinaison ou la hauteur du repose-pieds.

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